Misha
Teardrop Sweetheart
Tomlab / Nocturne
Il y a des albums qui dès les premières mesures deviennent, on ne sait pourquoi, instantanément un de vos amis. Misha à ne pas confondre avec le chanteur de variété Mika, fait partie de ceux là. Originaire Taipei mais installé à New York, ce duo composé de Ashley Yao et John Chao élabore une electro pop sobre et dépouillée qui agit comme un stimulant sur les zygomatiques, à coups de mélodies sussurées aux relents faussement mélancoliques contrebalancés par des rythmes sautillants. Teardrop Sweetheart sent le bricolage maison, à l’image du samba pop Anaconda, avec sa guitare acoustique trop en avant. Mais ce qui devrait être un défaut ailleurs sert au contraire l’ensemble, avec ses cordes synthétiques parfois un peu kitsch mais tellement en phase avec le propos. Misha construit des titres où tristesse et bonheur se renvoient la balle amoureusement, faisant cohabiter songwritting traditionnel et production en home studio. Un album qui rappelle ces moments, où enfants, on chantonnait et inventait des mélodies à la naïveté touchante que l’on gardait secrètement au fond de soi. Il y a quelque chose d’émouvant chez Misha, une façon d’aborder la pop à la manière d’un Burt Bacharach Rmiste, avec des tubes en puissance comme Trying ou Scars. Teardrop Sweetheart joue au funambule sur les cordelettes de la fragilité projetant des éclats colorés sur les murs de villes muettes au cœur desquelles résonnent ces chansons aux aspirations essentielles. Vital.

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